« C'est une grande chose d'avoir, au sein même de l'Église catholique, la foi dans son intégrité »
-Saint Augustin

« L'ignorance est notre pire ennemi. »
-Saint Pie X

« La vérité vous rendra libre »
-Jean 8, 32

mardi 4 juillet 2017

Père Onésime Lacouture - 2-20 - Les paraboles du royaume 2


DIX-NEUVIÈME INSTRUCTION
LES PARABOLES DU ROYAUME.

(IIème partie)

Plan Remarque.  2e parabole: Le semeur d’ivraie: La Philosophie substituée à la Théologie.  3e parabole: Le grain de sénevé: La force extensive du royaume de Dieu ou de la grâce.  4e parabole: Le Levain: La force extensive du royaume de Dieu ou de la grâce.  5e parabole: Le Trésor Caché et la Perle Précieuse: Notre amour pour Dieu est un amour de préférence sur toutes les créatures.  6e parabole: Le Filet: la parabole de la sanction.  

REMARQUE Pour comprendre l’importance de la deuxième parabole il faut se rappeler la haine des démons pour Jésus.  C’est Lui qui est la Parole divine par excellence.  Il est le grain de froment semé par le Père éternel dans un sillon de notre terre creusé par ses ennemis les démons qui l’ont tué par l’entremise des Juifs.  En parlant de lui-même Jésus dit, J.  1223, «L’heure est venue où le fils de l’homme doit être glorifié.  En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de froment ne meurt après avoir été jeté en terre, il reste stérile, mais s’il meurt il porte beaucoup de fruits.» Ailleurs il dit que l’homme vit de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.  Puisqu’il en est ainsi on voit tout de suite avec quelle rage les démons s’attaquent à la parole prêchée.  Les prédicateurs sont choisis pour donner Jésus au monde comme miette par miette pour ainsi dire.  Voilà pourquoi les démons se sont ingéniés à gâter toute la prédication autant qu’ils le peuvent.  Ils sont très intelligents et ils ont réussi à si bien tromper le clergé que la très grande partie de son activité est rendue stérile.

Comme les semailles du bon grain doivent se faire dans la mentalité ou dans les facultés spirituelles de l’homme, on peut s’attendre à ce que les démons sèment leur ivraie perfide aussi dans la mentalité ou par rapport à la mentalité.  Leur truc consiste à empêcher les prédicateurs et les professeurs de donner Jésus au monde; ils ont réussi à merveille comme on va le voir.

le semeur d’ivraie.  «Celui qui sème le bon grain est le Fils de l’homme, le champ est le monde.  Le bon grain ce sont les enfants du royaume et l’ivraie, ce sont les enfants d’iniquité.  L’ennemi qui l’a semée, c’est le diable.» On sait que l’ivraie ressemble beaucoup au blé, mais est inutile.  Alors on peut s’attendre que l’ivraie du diable va ressembler beaucoup à la parole de Dieu, mais sera inutile pour le salut des âmes.  L’ivraie la plus perfide, à mon avis, est dans ce fait que, les démons aidant, les prêtres ont graduellement substitué la philosophie à la théologie.  Voici comment: St-Thomas dit, en parlant de la contemplation, dans Cont.  Gent.  2e ml-4, que le philosophe considère les choses en elles-mêmes, tandis que le théologien les considère en Dieu et donc en nous aussi pour le salut de l’âme.  Or comme tous les prêtres font quelques années de philosophie, il est bien naturel de vouloir garder la même méthode en théologie et considérer les vérités en elles-mêmes seulement.  Ce point de vue philosophique est non seulement utile en théologie, mais même nécessaire; il faut bien connaître les choses en elles-mêmes avant de pouvoir s’en servir pour soi ou pour les autres.  Jusque là tout va bien.  Mais voici où commence l’ivraie: c’est quand on se contente de ce point de vue en théologie et qu’on lui laisse le nom de théologie.  Elle est savante, ressemble beaucoup à la théologie en s’occupant des mêmes sujets, et des mêmes vérités, employant les mêmes mots que la théologie, les mêmes auteurs, parlant des mêmes doctrines et du même Dieu, des mêmes hommes et des mêmes actions.  Des milliers de prêtres se croient théologiens quand ils ne sont que de simples philosophes de la théologie!  Voilà la ressemblance avec le bon froment.  Toute cette philosophie est vraie, utile et nécessaire et très savante; de fait elle suffit pour contenter l’esprit humain au point de vue naturel et développe quand elle est seule un orgueil d’esprit dans la proportion qu’on s’en contente.  Voilà pourquoi tant de ces prêtres-philosophes sont très orgueilleux comme tout païen l’est naturellement.  Car cette philosophie est purement naturelle et donc païenne même quand elle s’occupe des perfections de Dieu et des vérités qu’il nous a révélées.
Malgré sa ressemblance avec la vraie théologie, cette philosophie est de la véritable ivraie et donc bonne à rien pour le salut des âmes ou pour la gloire de Dieu.  Par nature elle reste abstraite, spéculative, donc elle ne nourrit pas du tout le coeur de l’homme.  Je pourrais vous lire toute une conférence sur l’utilité de manger du poulet; tout pourrait être très vrai, très savant, mais si vous dépendez de ma conférence pour vivre, vous allez mourir de faim!  Voilà le mal de cette philosophie de la théologie; elle ne nourrit pas les âmes, elle ne leur donne pas la vie divine, tout en leur laissant l’impression que c’est une nourriture.  Elle est donc hypocrite, c’est du camouflage de religion ou un fantôme de religion.  Tout est vrai à son point de vue, de sorte que ces philosophes n’ont pas conscience d’errer en rien; ils sont sûrs d’eux-mêmes et ils ont raison comme philosophes.  Mais non seulement toute cette science laisse le coeur vide de toute vie divine, mais ses conclusions vraies pour elle, à son point de vue, sont absolument fausses, au point de vue théologique ou pour la pratique de la vie divine en nous.  Voilà pourquoi tous ces prêtres-philosophes sont les ennemis nés de tout prédicateur ou de tout professeur qui prêche ou qui enseigne le point de vue vraiment théologique pour le salut de l’âme et la gloire de Dieu.  Exemple: prenons l’usage des créatures.  En elles-mêmes elles sont toutes bonnes, ayant été créées par Dieu pour représenter quelques unes de ses perfections.  La conclusion de ce point de vue philosophique est que nous pouvons en jouir tant que nous voulons jusqu’au péché exclusivement, ou à l’abus.  C’est la seule règle de morale qu’elle donne à ce sujet.  Aussi elle fait le tour du monde, car elle fait l’affaire de tous les hommes; c’est justement ce qu’ils pensent tous selon la raison et donc au point de vue païen et naturel.  On entend les chrétiens comme les Chinois, comme les Mahométans, comme les Juifs, dire: il n’y a pas de mal à cela, faisons-le.  Ce n’est pas défendu, jouissons en!  Et tous les prêtres-philosophes acquiescent à cette règle de conduite parfaitement raisonnable au point de vue humain.  Les créatures sont considérées comme du dessert dont on veut le plus possible.  Mais au point de vue théologique ou par rapport à Dieu et donc pour le salut de notre âme, elles sont ou bien l’argent pour acheter le ciel comme Jésus l’enseigne dans la parabole de la perle précieuse ou la semence pour récolter le ciel, ce que Jésus enseigne quand il dit qu’on aura le centuple en cette vie et le ciel en proportion qu’on abandonne les créatures pour l’amour de lui.  C’est donc en se privant des créatures qu’on mérite le Créateur, pas du tout en jouissant.  Ainsi St-Paul dit qu’il s’est privé de tout, les regardant comme du fumier afin de gagner Jésus-C.  Pour les philosophes de la théologie, les créatures sont du dessert, pour St-Paul et les vrais théologiens, elles sont du fumier… Dessert, fumier… Voilà les deux conclusions diamétralement opposées selon ces deux différents points de vue, tous les deux vrais pourtant, mais contraires l’un à l’autre… Dès qu’un prédicateur vraiment théologien vient pour prêcher le mépris concret des créatures, soit pour acheter le ciel, soit pour récolter les plaisirs du ciel, on voit toute la bande des prêtres-philosophes se lever comme un seul pour dénoncer ce réformateur, cet innovateur qui donne une doctrine étrange et contraire aux traditions de l’Eglise, disent les philosophes.  Comme ils sont légions dans l’Eglise et que la masse des supérieurs ne sont que des philosophes aussi, le prédicateur des créatures-Fumier est vite bâillonne et exilé dans quelque désert pour repasser sa théologie!  C’est le triomphe de la philosophie sur la théologie, du paganisme sur le christianisme, du naturalisme sur le surnaturel!

Depuis Jésus-Christ que ces philosophes persécutent tous ceux qui prennent le point de vue de l’amour de Dieu.  On n’a qu’à lire la vie des saints pour s’en convaincre.  La doctrine pratique de St.  Ignace a été attaquée par eux, celle de S.  Jean de la Croix que ses confrères-philosophes ont mis en prison pendant neuf mois, etc.  etc.  La doctrine de l’imitation de Jésus-Christ qui est celle de S.  Paul a été attaquée par les philosophes de son temps et l’auteur a été réduit au silence pour le reste de sa vie par son évêque.  Toute la clique des scribes, des pharisiens et des grands-prêtres qui ont tué Jésus n’était que de purs philosophes du même calibre que les philosophes de notre clergé actuel.  Ils n’étaient pas tous des démons de méchanceté: plusieurs étaient très zélés pour la gloire de Dieu comme Saül, Gamaliel, Joseph d’Arimathie, etc.  Mais, par leur formation formaliste, philosophique, ils considéraient les choses en elles-mêmes, et alors ils avaient développé une science abstraite et spéculative de la loi de Moïse et des prophètes, qui les a fait passer absolument à côté de l’esprit du Messie, qu’ils n’ont pas du tout reconnu et qu’ils ont persécuté comme contraire à leur propre mentalité et ils l’ont tué.  Voilà la pire ivraie et la plus perfide que les démons pouvaient inventer.  Elle ressemble si bien à la vraie théologie que la masse des prêtres avant Jésus-Christ comme après et depuis vingt siècles se sont fait jouer par les démons.  La très grande majorité des prêtres séculiers et réguliers, ne sont que de simples philosophes de la théologie, ils sont de véritables pharisiens et font leur oeuvre de persécuteurs de la doctrine théologique de Jésus et ils la tuent aussi efficacement que les pharisiens ont tué Jésus en personne.  Aucun livre vraiment surnaturel et écrit au point de vue de l’amour de Dieu ne peut passer leur censure.  Notre Père Groulx disait cela il y a déjà 150 ans, et c’est aussi vrai de nos jours.  Il sort une foule de livres avec des titres catholiques mais pour passer il faut qu’ils traitent leurs sujets «en soi» et donc au point de vue philosophique.  On peut écrire des milliers de livres sur, par exemple, l’Eucharistie: ce qu’elle est en elle-même, les avantages en eux-mêmes, les dispositions pour la recevoir, etc.  etc.  Tout cela passe facilement.  Mais comme ces livres sont plats et insipides!  Les gens n’y trouvent pas de nourriture pour le coeur.  Ce sont de savantes analyses des vérités de la foi au point de vue abstrait… ce n’est donc pas pour en manger, pour s’en nourrir, mais c’est pour savoir!  Science vide!  insipide, inodore et incolore.  Qui veut lire ces livres qui sortent par centaines des presses?  Mais qu’on écrive un livre pour enseigner les conclusions pratiques du fait que Jésus est là en personne, et les dispositions qu’il faut pour en profiter devant Dieu et donc pour engraisser son âme: tout de suite les censeurs les condamnent comme entachés de jansénisme.  Ce livre devra dire qu’il faut mépriser les créatures même permises pour goûter Jésus dans la communion, ou dans sa messe, qu’il doit regarder tous les plaisirs comme du fumier afin d’avancer dans l’amour de Jésus!  Qu’il faut donc cesser d’aller aux vues, aux danses; de s’habiller modestement, de mener une vie retirée, de faire sa méditation tous les matins, d’aller faire souvent des visites au S.  Sacrement, etc.  On lui dirait tout de suite qu’il exige une trop grande perfection, qu’il est trop sévère!  que ce livre pourrait faire pour des Carmélites et que l’auteur montre peu de jugement en l’adressant au peuple!  etc.  Les démons ont eu soin de mettre des philosophes dans toutes les positions de commande dans l’Eglise en général d’où ils peuvent arrêter tous ceux qui donnent au monde le point de vue de la vraie théologie.

Ils ont envahi toutes les différentes branches de l’enseignement religieux pour les rendre à peu près nulles.  En Ecriture Sainte, ils aiguillent les prêtres sur tous les points de vue possibles excepté le seul pratique: chercher comment arriver à l’amour de Dieu par la doctrine divine cachée dans les Ecritures.  Qu’on me trouve un seul auteur qui fait valoir la doctrine des créatures-fumier de S.  Paul?  Qu’on trouve un seul prêtre-philosophe au mon qui la fait ressortir, qui exploite la «folie de la Croix» du même S.  Paul, ou que la vocation de tout chrétien est d’être traité injustement par ses supérieurs comme le dit formellement S.  Pierre!  Qu’on en mentionne un qui fait ressortir ce fait que Dieu prend la sottise humaine pour manifester sa propre sagesse divine?  Jamais de la vie un diable de philosophe donnera au peuple ces doctrines que S.  Paul appelle la force de Dieu et la sagesse de Dieu… il serait obligé de quitter son dessert pour le fumier!  En Morale, grand Dieu quelle farce!  Ils l’ont si bien séparée de la vraie théologie qu’elle est devenue la risée même des gens du monde!  Et quel étudiant de Morale n’est pas écoeuré par ce qu’on y donne ordinairement.  Tout est vrai «in se».  On traite toutes les questions «in se» comme de purs païens, de simples philosophes… et l’on est trop bête pour voir que leurs conclusions «in se» vont passer dans la vie pratique où elles font des ravages terribles et où elles sont absolument faussées et dangereuses et conduisent directement au péché.  Une fille demande à un prêtre si elle peut aller danser.  Voyons notre imbécile de philosophe lui répondre: la danse «en soi» n’est pas défendue.  Espèce de fou, qui danse «en soi»?  Cette fille s’en va danser dans les bras d’hommes en chair et en os et très souvent ne cherchant que les victimes pour leurs passions… et vous allez lui dire que la danse dans l’abstrait n’est pas mauvaise?  Cela ne répond pas du tout à sa question bien concrète de la danse vécue.  Comme un vrai païen, sa conclusion est qu’elle peut danser n’importe quelle danse qui n’est pas scandaleuse «en soi».  Qui sait la limite dans ces sortes de danses?  Pas un imbécile de philosophe le sait.  Cela ne règle donc pas la question de la danse.

Un prêtre catholique répondrait en lui montrant que les danses terrestres nous sont données pour ou bien acheter les danses célestes en les payant par des danses terrestres, ou en les récoltant au ciel et donc qu’il faut les semer sur la terre.  La conclusion du docteur en Israël est qu’elle peut danser tant qu’elle veut, et la conclusion du prêtre catholique est qu’elle doit s’en abstenir le plus possible, qu’elles soient défendues ou permises.  Les péchés «in se» ne coalisent pas pour faire du mortel.  Il y a une bonne dose de fausseté dans l’application concrète de ce principe abstrait.  Il y a une malice et une habitude qui se contractent dans n’importe quel péché répété.  Chaque familiarité peut bien n’être que vénielle, mais dans les deux animaux qui les font, chacune ajoute quelque chose à la suivante qui finissent toutes par l’acte mortel.  Toutes se sont ajoutées donc!  Ce n’est donc pas vrai dans le concret ce que disent les moralistes dans l’abstrait.  Or, les péchés se commettent dans le concret et dans un corps charnel plein de passions et de concupiscence.  Or nos imbéciles de philosophes raisonnent comme si nous étions de purs esprits!  Voici encore une erreur de tactique qui fait un mal immense dans l’Eglise.  Plusieurs moralistes soutiennent qu’un motif naturel est bon pour le ciel du moment qu’on est en état de grâce et que l’acte est bon de sa nature.  Il est évident que ceux qui le disent sont saturés de leur philosophie ou du point de vue «in se».  Ainsi Noldin et d’autres disent qu’on n’a pas à s’occuper du motif du moment que l’action est faite pour une fin honnête dans le sens de raisonnable.  Comme les démons doivent applaudir une pareille doctrine!  Elle dispense les fidèles de changer leur mentalité, ou de s’occuper des motifs.  De fait, la masse des chrétiens s’appuient sur de pareils moralistes pour se dispenser de transformer leur mentalité païenne en mentalité chrétienne.  Eh bien c’est contraire à tous les bons auteurs spirituels qui disent que tout le travail important de la sainteté est de se défaire de ses motifs naturels pour n’agir que pour des motifs surnaturels.  Noldin dit que c’est l’opinion qu’il préfère.  Or, pour le salut de l’âme personne n’a le droit de se servir d’une opinion probable: il faut qu’il prenne la plus sûre.  C’est donc en tant que philosophe que Noldin parle même à son insu peutêtre.  Il prend soin d’ajouter qu’il vaut mieux tout de même de répéter souvent son intention surnaturelle.  Mais, nos jeunes philosophes vont-ils remarquer ce conseil?  Ils gardent la première idée qu’on n’a pas à s’occuper des motifs et le mal est fait pour leur vie!… et pour tous ceux à qui ils prêcheront.  C’est cette opinion de Noldin et de bien d’autres qui empêchent les prêtres et par suite les fidèles de travailler dans le monde des motifs d’où la plus grande partie du mérite sort.  Jamais ils seraient allés à enseigner pareille doctrine s’ils s’étaient mis uniquement au point de vue de l’amour de Dieu et du salut de l’âme comme de vrais théologiens doivent faire.  Enfin, la plupart des moralistes ne sont que des casuistes qui enseignent aux gens à jouir le plus possible des créatures tout en gardant l’espérance d’aller jouir du Créateur après la mort.  Les fidèles sont saturés de cette morale qui consiste à aller le plus proche possible du péché sans le commettre.  C’est à qui jouerait au plus fin avec Dieu!  Il s’agit de flirter le plus possible avec les rivales de Dieu, les créatures tout en travaillant pour sauver son âme!  Exactement comme ces maris qui ont une maîtresse et qui essaient de garder de bonnes relations avec leur femme.  C’est assez pour montrer quels ravages fait cette ivraie au sein de l’Eglise!  Jésus-Christ en personne est éliminé de la vie de ces philosophes et de ceux qu’ils trompent même à leur insu.  Que c’est triste de voir des milliers de prêtres bien intentionnés, mais absolument aveugles sur les causes du paganisme général parmi les chrétiens et où sont les évêques même qui sont capables de mettre le doigt sur ces causes?  Combien sont capables de donner un bon coup d’aviron pour redresser la barque qui s’en va à la dérive du naturalisme?  On les a choisis parmi les philosophes en général: ils gouvernent en philosophes.  Parfois on va dire que les fidèles sont trop jouisseurs, qu’ils y a trop de naturalisme chez les fidèles, ou on va constater des fléchissements dans la foi ou dans les moeurs, on signale tel abus, etc… Mais quand peut-on aller à la racine du mal qui est le paganisme pratique des prêtres en général dû à leur seule philosophie de la théologie qu’ils ont reçue dans leurs maisons de formation… et qu’ils donnent au monde!

J’ai déjà montré dans les tentations de Jésus au désert comment Satan a fait son théologien, mais exactement comme nos théologiens-philosophes.  Il a cité des textes vrais «in se» mais avec une application fausse.  Eh bien!  Satan a fourni à tout le clergé de tous les temps, une théologie vraie dans l’abstrait ou «en soi» et enfin les fait passer de l’ordre abstrait à l’ordre concret avec les mêmes principes.  Dans l’ordre naturel, on devrait être capable de passer sans erreur de l’ordre abstrait à l’ordre concret.  Mais cela n’est plus vrai dans une foule de cas dans les choses surnaturelles.  Ainsi, j’ai montré que dans l’ordre abstrait les créatures sont bonnes et on peut en jouir du moment qu’on ne pèche pas.  Mais cette conclusion devient absolument fausse avec le plan de Dieu qui fait le contraire du bon sens et pour punir l’homme de son péché et pour avoir seul la gloire du salut de l’homme.  C’est cette sagesse divine de faire tout le contraire des hommes qui échappe complètement aux philosophes de la théologie.  Les «in se» ne marchent plus là du tout!  C’est une obligation stricte de semer les choses permises comme les défendues selon le plan de Dieu.  «Si quelqu’un ne renonce pas à tout ce qu’il possède, il ne peut être mon disciple!» Dans ce tout il y a une foule de choses permises.  «Si quelqu’un abandonne son père, sa mère, etc.; tout cela est du permis, et Jésus récompense ceux qui les sèment.  Or cela n’entre jamais dans l’idée des philosophes.  Pour eux il n’y a que les choses défendues à semer.  Ils ont menti!  Ce n’est pas vrai!

Voilà comment Satan trompe les prêtres et les plus savants comme les autres… et surtout les savants souvent si orgueilleux.  Ils ne veulent pas prendre la leçon des autres, mais comme ils sont ignorants dans la science de l’amour de Dieu pratique!  Ils n’approchent pas du tout de ce monde divin concret.  On n’a qu’à voir la mentalité de leurs victimes, les fidèles en général; comme ils sont tout aux choses du monde!  Comme ils ne parlent que des échantillons!  Donc leur coeur en est rempli!  Comme ils ne parlent jamais des choses de Dieu: donc elles ne sont pas dans leur coeur… et ils ont été formés par des milliers de prêtres-philosophes… qui eux aussi n’ont que les échantillons dans la bouche et donc dans le coeur.  Ils vivent en-dehors du monde de l’amour de Dieu sans aucun scrupule Quand ils pensent à leur science des choses de Dieu, ils ne voient pas d’erreur en elle, et de fait il n’y en a pas dans leur philosophie des choses de Dieu.  Le mal est que cette maudite philosophie ne donne pas la vie surnaturelle, ne donne pas Jésus-Christ à vivre comme une vie concrète!  Elle se contente d’en parler, la gueuse!  La preuve: les fidèles ne goûtent pas les sermons ordinairement!  c’est donc qu’ils ne donnent pas la voix et la nourriture du maître.  Jésus dit que ses brebis entendent la parole de leur maître.  Or puisque nos brebis ne goûtent pas la parole des prêtres en général, c’est donc qu’ils ne donnent pas la parole de Jésus.  Jésus dit à Satan que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole sortie de la bouche de Dieu.  Eh bien!  nos gens se meurent au sein de l’Eglise: c’est donc que les prêtres ne donnent pas la parole de vie de Jésus, mais ce sont des exposés philosophiques et abstraits des dogmes qui ne nourrissent pas plus l’âme qu’une conférence sur du poulet nourrirait un auditoire.  Une objection.  On va dire, mais vous attaquez le magistère de l’Eglise.  Ce n’est pas vrai!  Le magistère de l’Eglise enseigne le point de vue théologique des dogmes comme les saints l’ont fait.  Mais ce sont les prêtres, qui ne sont pas infaillibles comme on le voit, qui se laissent tromper par les démons et par leur propre sens naturel qu’ils aiment à suivre pour mieux jouir de ce monde.  Quand la moitié du clergé est devenu païen, le Saint-Esprit n’avait pas quitté son Eglise, mais ce sont ces prêtres et ces évêques qui avaient quitté le Saint-Esprit et l’enseignement du magistère de l’Eglise.  A ceux qui disent qu’on ruine la réputation des prêtres en exposant leurs erreurs de tactique, je réponds la réputation de Jésus et le salut des âmes valent plus que la réputation du clergé.  Ensuite, exposer les causes qui nuisent justement à cette autorité est pour leur plus grand bien.  Les fidèles voient bien que les prêtres ne sont pas ce qu’ils devraient être en général de sorte qu’ils ne les estiment pas comme ils devraient.  Quand ils sauront la cause, ils les plaindront et essaieront de ne pas faire comme eux, s’amendant eux-mêmes.  Ils feront du bien au clergé indirectement.  Ce zèle pour sacrifier Jésus au profit de la réputation du clergé est un zèle bien mal compris.  Est-ce que des médecins feraient bien de cacher une maladie contagieuse pour sauver la réputation des gens?  Quand des prêtres et des fidèles regardent de l’ivraie comme du froment c’est le devoir de n’importe qui de les avertir et les victimes devraient se montrer fort reconnaissants à celui qui a le courage de le faire sachant d’avance ce qu’il peut attendre et des démons et des prêtres leurs instruments aveugles souvent.  Leur vie plus ou moins païenne nuit bien plus à leur réputation que tout ce que je puis dire pour leur ouvrir les yeux sur les trucs des démons pour rendre leur ministère stérile, ou à peu près.  Il y a encore bien d’autres sortes d’ivraie que j’ai déjà montrée dans la première série et que j’indique au cours de ces instructions.  C’est ce qui fait enrager les démons et c’est pourquoi ils suscitent tant d’opposition dans le clergé contre mes retraites qui défoncent les fortifications et leurs principales munitions pour détruire l’Eglise et la doctrine de Jésus.

Je conseille aux prêtres d’avoir une grande dévotion au Saint-Esprit et de réciter le Veni Creator au moins sept fois par jour afin d’être préservés des illusions du démon.  Il leur faut aussi les dons du Saint-Esprit complètement négligés dans la philosophie des prêtres.  Qui s’occupe des dons?  Qui les explique au peuple et qui les demande constamment?  Or, les dons poussent tout de suite n’importe quel fidèle à la vraie théologie, au vrai point de vue de l’amour de Dieu.  Il oriente tout à son salut, au bon plaisir de Dieu et se met tout entier uniquement aux choses de Dieu.  L’absence des dons et dans le clergé et dans les fidèles est une lacune inconcevable à des chrétiens.  C’est comme rejeter ou négliger la troisième personne dans la Sainte Trinité!  On n’a pas plus des deux autres Personnes que de la troisième.  Le clergé qui ne manifeste pas les dons ne manifeste pas plus Jésus-Christ, et pas plus le Père.  Or, il est bien certain que l’activité des dons fait lamentablement défaut chez la plupart des prêtres et encore plus chez les fidèles; ils n’ont donc pas plus des deux autres Personnes.  Comme tout ce monde est loin de Dieu!…bien loin de Dieu!  Et les pauvres malheureux qui s’attachent à leur misérables «in se» pour se sauver!  Quelle pitié!  Quel aveuglement!… et des imbéciles vont nous dire de nous taire!  de ne pas nuire à la réputation du clergé??!  Est-ce que les prêtres restés fidèles à la vraie foi se sont abstenus d’attaquer les Ariens parce qu’un grand nombre de prêtres étaient compromis?  Est-ce qu’on n’a pas dénoncé le gallicanisme, l’américanisme et bien d’autres erreurs qui se glissent dans des centaines et des milliers de prêtres et d’évêques parfois?  Ce n’est pas manquer non plus à la charité quand on dénonce une erreur générale ou à peu près qui fait un tort immense à l’Eglise: il faut 1e dire!  Est-ce que ce serait charité que de cacher à mes frères une maladie contagieuse de ma mère pour sauver le bon renom de ma mère?  Pas du tout!  Eh bien!  j’ai le d’oit de faire de même pour l’Eglise.  le grain de sénevé.  Cette parabole fait ressortir la force extensive du royaume de Dieu ou de la grâce.  Si la parabole de l’ivraie était de nature à décourager les fidèles, et les prêtres, celle-ci doit les encourager à travailler malgré tous les obstacles de nos ennemis.  Dieu envoie des contrariétés précisément pour nous montrer que c’est lui qui fait progresser les âmes.  Il faut semer de son activité ici comme ailleurs afin que la récolte soit l’oeuvre de Dieu seul, et notre travail n’est qu’une condition ou une cause morale de l’action de Dieu qui est la seule cause efficiente dans le surnaturel.  le levain.  Cette parabole montre le travail imperceptible de la grâce et sa force intensive.  L’Eglise a bien montré cette force en croissant malgré les persécutions et les oppositions des puissants contre elle.  Que de fois ses ennemis ont dit: elle est finie!  et la tempête passée, elle redresse la tête et continue son travail comme avant.  Il en est ainsi pour notre propre sanctification qui se fait imperceptible mais sûrement si nous suivons la doctrine de Jésus et les commandements.  Quand Dieu arrête un ouvrier évangélique d’une façon ou d’une autre, s’il se décourage et dispute, c’est donc qu’il comptait sur sa propre activité, puisqu’il pense la grâce arrêtée parce que lui ne travaille plus.  C’est une erreur.  Sa soumission à la volonté de Dieu fera marcher tout comme avant et encore mieux par son sacrifice.  le trésor caché et la perle précieuse.  C’est clair comme de l’eau de roche dans ces deux paraboles que notre amour pour Dieu est un amour de préférence sur toutes les créatures au monde, et pas seulement des créatures défendues comme les prêtres philosophes l’enseignent faussement.  C’est la contre-partie du premier commandement: puisque Dieu prend tout notre amour, il n’en reste plus pour les créatures, et Jésus l’affirme d’une façon bien concrète dans ces deux paraboles.

Jésus indique clairement que les créatures sans exception sont l’argent pour acheter le ciel.  Il n’est pas question de péché du tout, mais uniquement d’achat.  Quand on dit en allumant une cigarette: ce n’est pas péché!  C’est vrai, mais cet homme est un imbécile selon le plan de Dieu.  Que les créatures soient permises ou défendues ne règle pas du tout le salut de l’homme.  Que dirait-on d’un cultivateur qui irait demander à son curé si c’est péché ou permis de semer?  Cela ne règle pas du tout sa vie temporelle.  Quand même ce n’est pas péché de ne pas semer, il va se ruiner en ne semant pas.  Le chrétien qui ne marche que d’après le péché ou le permis est aussi bête.  Même si fumer n’est pas péché, quand on fume une cigarette on mange cette semence et si fumer n’est pas péché, quand on fume une cigarette on mange cette semence et l’on perd la récolte correspondante au ciel.  C’est ainsi qu’on peut ruiner son éternité en jouissant des choses permises.  Si on mange tout son grain on n’a plus de récolte que ce soit péché ou non!  Jamais les cultivateurs s’arrêtent à cette question sotte si c’est péché ou permis de semer.  La question pour eux est celle-ci: est-ce que je veux une récolte ou non?  Si je veux une récolte il faut semer.  Eh bien!  le fumeur devrait avoir autant de jugement.  Quand il a sa cigarette en main, il devrait se demander s’il veut une récolte céleste de cigarettes ou non, et alors il agit en conséquence!  Qu’il fasse de même en tout!  Que c’est triste de voir tant de prêtres et de fidèles si en dehors du plan de Dieu!  Les créatures sont l’argent pour acheter le ciel ou la semence pour le récolter: voilà le plan de Dieu!  L’autre, si elles sont permises ou défendues n’est qu’une bien petite partie de ce plan.  La question du péché ou du permis serait toute notre morale si nous étions sur le chemin des limbes dans l’ordre naturel.  Dans ce cas des milliers de prêtres et de religieux n’auraient rien à changer dans leurs idées actuelles; ils pourraient tous continuer de pratiquer et d’enseigner leur doctrine actuelle: est-ce péché, est-ce permis?  et tout se réglerait d’après ce principe absolument païen.  Mais, comme nous sommes appelés non pas à une récompense seulement comme pour voir Dieu face à face, le ciel n’est pas seulement cela: c’est une participation à la vie intime de la Trinité: c’est non seulement avoir la vie divine mais c’est aussi penser comme le Verbe et aimer comme le Saint-Esprit.  Or, est-ce que les Personnes de la Sainte Trinité se demandent si fumer une cigarette est péché ou permis, et que si c’est permis qu’elles passent leur temps à déguster ce suçon?  Elles mettent leur bonheur dans les perfections infinies de Dieu.  Eh bien, voilà ce que nous devons faire tout de suite sur la terre, voila le plan de Dieu et les créatures ne sont que des échantillons pour nous faire penser et estimer ces perfections, puis elles sont l’argent pour les acheter ou la semence pour les récolter.  Dans ce plan le péché n’entre pas du tout.  Dieu a certainement arrangé son plan pour le bonheur de l’homme en dehors de tout péché: Dieu ne pouvait pas le vouloir dans son plan.  Maintenant parce que le péché de fait est arrivé cela ne change pas du tout son plan primitif de nous faire préférer Dieu à toute créature.  Jésus répare le péché, puis tout doit revenir au plan primitif où il n’y avait pas encore du péché.

Les démons ont donc réussi à faire aiguiller la très grande masse des prêtres en dehors du plan divin avec leur maudit péché comme base de tous leurs raisonnements.  Il n’y a que les démons qui gagnent à toujours mettre cette question de péché en avant.  La masse du clergé et des chrétiens se trouvent à toujours raisonner exactement comme ils le feraient dans l’ordre naturel et sur le chemin des limbes.  Quel aveuglement terrible!  En partant de ce faux point de vue, ce n’est pas surprenant qu’ils soient à peu près tous contre ceux qui prêchent la doctrine véritable de Jésus et que tous les saints ont prêchée… et que tous ces philosophes païens ont toujours persécutés!  La preuve que les démons ont obtenu des prêtres juste ce qu’ils voulaient, c’est que pas un démon ne se montre le bout du nez dans les choses de la religion.  Tout marche à merveille pour eux!  Ils sont tous sur le chômage, les gueux: Le clergé fait leur besogne aussi bien qu’eux avec la philosophie que le démon leur a préparée!  Jésus et les Apôtres avaient toujours cinquante mille démons dans les jambes!… et les prêtres de nos jours croient à peine à l’existence des démons tant ces misérables sont disparus du monde!  Les démons viennent en ce monde pour attaquer Jésus et ses membres mystiques: puisqu’ils n’y viennent pratiquement plus, c’est donc que Jésus et sa vraie doctrine ne sont plus donnés par les prêtres.  La preuve est que dès qu’un prédicateur revient à la façon de prêcher de Jésus et des Apôtres, des légions de démons se livrent pour lui faire la guerre exactement comme à Jésus et à S.  Paul en se servant de leurs meilleurs instruments, les prêtres philosophes, comme ils se sont servi des scribes, des prêtres juifs et des pharisiens pour persécuter Jésus au nom de Moïse et des prophètes.  Nos prêtres le font aussi au nom de Jésus et de l’Eglise.  Le fait que l’Eglise les a condamnés plusieurs fois en canonisant leurs victimes ne leur ouvre pas du tout les yeux.  Ils se croient et se disent l’Eglise.  Ils constatent bien parfois que les supposés chrétiens sont bien jouisseurs et païens, mais ils les blâment seuls; ils ne voient pas ou ne veulent pas l’avouer qu’ils sont les vrais coupables.

Beaucoup de prédicateurs ont une peur bleue de la persécution.  Ils savent bien que dès qu’ils entrent dans le plan de Dieu pour prêcher le mépris concret des créatures permises comme des défendues, les démons vont leur susciter une vraie persécution et ils n’ont pas le courage de la subir à l’exemple de Jésus.  Alors, habilement ils aiguillent leur prédication sur toute autre chose que cela; et alors les démons et leurs voisins leur laissent la paix… Mais la paix selon le monde, la paix dans la lâcheté, la paix dans le sacrifice de Jésus au lieu de son propre sacrifice, la paix à la Pilate!  Ils se réfugient dans les attaques contre le péché favorisées par tous les démons!  oui, les démons aiment qu’on attaque les péchés, pendant ce tempslà on n’enseigne pas aux gens le sacrifice des choses permises selon le plan divin, les gens se donnent corps et âme aux choses permises, et finalement tout leur coeur est là… et les démons les ont quand même avec la belle prédication et les tonnerres d’éloquence contre les adultères et les impuretés… et ces gens perdent le ciel!  Parce que les démons savent mieux que les prêtres que l’on a beau tonner contre les péchés, si les gens ne veulent qu’éviter le péché et qu’ils jouissent comme à l’ordinaire le plus possible des choses même permises, ils vont tomber dans ces péchés presque inévitablement comme l’expérience le montre trop.


Si les prêtres avaient une once de sagesse, ils sauraient qu’en prêchant selon le plan primitif de Dieu avant et en dehors de tout péché, et donc en prêchant la préférence de Dieu sur les échantillons, ils rendraient un immense service aux fidèles qui éviteraient sûrement les péchés et en plus vivraient dans le plan de l’amour de Dieu.  Ils achèteraient le ciel et le récolteraient en donnant les créatures permises comme les autres.  Vivant ainsi de foi, ils auraient la victoire sur le monde.  Voilà ce que Jésus et les Apôtres ont prêché… et les saints les ont imités.  le filet.  Voici la parabole de la sanction.  Nous pouvons résister a l’enseignement de Jésus, mais le règlement des comptes vient à l’heure de la mort et du jugement.  Là, ceux qui n’ont pas voulu se soumettre à l’amour de Dieu, vont tomber seuls sous la Justice divine.  Les anges feront le triage et les méchants seront jetés au feu éternel.  Ils n’ont pas voulu se priver des jouissances sensibles, eh bien, ils en seront privés éternellement et en plus ils seront torturés dans des supplices indicibles pour toujours.  Quelle responsabilité pour les prêtres qui ont été choisis pour indiquer aux fidèles le chemin du ciel… et que donnent une doctrine du chemin des limbes de fait, une doctrine simplement naturelle, même quand ils emploient des mots surnaturels et parlent des vérités surnaturelles avec leur diabolique point de vue «in se» ou purement philosophique… et il n’y en a pas un sur mille, je parle des prêtres, qui s’en aperçoit.  Quelle terrible ivraie dans l’Eglise que cette infernale philosophie de la religion!  Que le Saint-Esprit ouvre les yeux aux prêtres sur leur aveuglement!  Qu’il donne une once d’humilité aux professeurs de ce qui devrait être de la théologie, mais qui n’est qu’une philosophie, afin qu’ils aient la grâce de voir leur erreur, non pas dans une vérité isolée, mais dans leur point de vue imparfait de philosophes quand ils devraient prendre le point de vue théologique avec le point de vue de l’amour de Dieu requis dans l’ordre surnaturel qui consiste à mépriser dans le concret les créatures même permises afin d’acheter le ciel avec les créatures ou le récolter avec ces mêmes créatures… et donc en les sacrifiant pour l’amour de Dieu!  Que la sainte Vierge vienne en aide au clergé pour l’amour du bon Dieu!

Père Onésime Lacouture - 2-19 - Les paraboles du royaume 1


DIX-HUITIÈME INSTRUCTION
LES PARABOLES DU ROYAUME.

(1ère partie) «Ce même jour, Jésus, étant sorti de la maison, s’assit sur le bord de la mer et une grande foule de peuple s’assembla autour de luis en sorte qu’il monta sur une barque où il s’assit et toute la foule se tenait sur le rivage.» Mt.  13.

Plan Remarque: Importance des paraboles.  Le pourquoi des paraboles.  (ler cas: sur les chemins battus.  (2e cas: sur un terrain pierreux.  lère parabole: Le semeur de bon grain: Dispositions subjectives: (3e cas: parmi les épines.  (4e cas: en bonne terre.  

REMARQUE Comme nous sommes appelés à nous identifier avec l’esprit de Jésus afin de vivre comme lui autant que possible, il est bon d’essayer de saisir cet esprit dans des séries de doctrines où il est plus manifeste que dans des actions ou des paroles isolées.  Ainsi nous avons des groupes de paraboles où Jésus s’efforce de faire connaître les tendances de sa doctrine ou de son royaume, comme il dit; c’est là qu’il montre sa mentalité ou ses voies.  En d’autres termes il manifeste les lois de la grâce et ses exigences pour fructifier dans les coeurs.  On voit tout de suite l’importance de comprendre ces manières d’agir de la grâce ou de Dieu dans les âmes.

Trop peu de prêtres font attention aux lois de la vie surnaturelle pour s’y conformer et enseigner aux fidèles à le faire.  Aussi les progrès dans la sainteté sont bien lents.  Les cultivateurs qui ne suivent pas les lois de l’agriculture sont de bien pauvres cultivateurs.  Il en est ainsi pour les prêtres et les fidèles qui ne s’occupent pas des lois de la grâce pour produire la sainteté; ce sont de bien tristes chrétiens!  Le St-Esprit a groupé une série de paraboles dans St.  Mt.  pour notre enseignement: servons-nous en avec reconnaissance!  le pourquoi des paraboles.  Prenons la question en général.  Ce n’est pas vrai que Jésus a parlé en paraboles parce que ses auditeurs étaient simples et ignorants, comme tant de commentateurs disent.  Mais Jésus comme Créateur et de l’homme et du surnaturel, suivait l’ordre que lui-même a établi dans ces deux mondes.  Rien n’entre dans l’intelligence humaine sans passer par les sens et l’imagination.  Jésus suit cet ordre normal de l’activité humaine qui existe pour les grands savants comme pour les ignorants.  Que de professeurs et de prédicateurs seraient autrement intéressants s’ils avaient le bon sens de suivre cet ordre physique de la compréhension humaine.  Dès qu’ils voient leurs auditeurs insouciants ou en train de dormir, ils devraient savoir que c’est parce qu’ils ne donnent rien ni aux sens ni à l’imagination… et donc l’esprit ne saisit rien…!

La deuxième raison est que Dieu a créé le monde naturel pour illustrer le monde surnaturel, comme le dit St-Paul aux Rom.  l.  Alors Jésus se sert du monde naturel pour faire comprendre le monde surnaturel… et les grands savants ont besoin de ce moyen comme les plus ignorants.  Que de fois j’ai vu des prêtres froncer les sourcils quand j’énonçais un principe abstrait, puis dès que je donnais un exemple dans la nature, donner des signes d’approbation.  Comme les prédicateurs et surtout les catéchistes gagneraient l’attention de leurs auditeurs s’ils avaient le bon sens de suivre l’ordre physique de la nature humaine pour comprendre et se servir des échantillons pour illustrer le monde surnaturel!  Après toute vérité ou principe abstrait qu’on donne un exemple dans la nature ou une parabole et tout de suite les gens écoutent avec plaisir parce qu’ils saisissent tout de suite.  Ce serait encore mieux de commencer par la parabole ou par l’échantillon pour remonter au monde surnaturel.  En plus Jésus avait une raison spéciale de parler en paraboles.  Ses ennemis venaient pour l’entendre afin de le surprendre en erreur de doctrine pour le faire arrêter.  Or voilà que Jésus parlait de choses banales et ordinaires Comme d’agriculture, de pêche, etc.  Jésus voulait les punir de leur aveuglement volontaire comme Isaïe l’avait déjà prédit: «C’est pourquoi je leur parle en paraboles pour qu’en voyant ils ne voient point et qu’en entendant ils n’entendent ni ne comprennent point.  Et la prophétie d’Isaïe s’accomplit en eux: Vous écouterez de vos oreilles et vous n’entendrez point, vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas.  Car le coeur de ce peuple s’est appesanti, leurs oreilles se sont endurcies et ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur coeur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent et que je les guérisse.»

Que ceux qui ne parlent que de miséricorde divine réfléchissent sur la justice divine qui cesse de donner sa lumière à ceux qui la rejettent souvent.  Ce qu’il a fait pour les Juifs il peut le faire et il le fait pour les chrétiens qui s’endurcissent comme les Juifs.  Ceux qui abusent des grâces peuvent s’attendre à perdre peu à peu la foi avec toutes ses conséquences lamentables pour l’âme dans l’éternité.  Parlons donc de justice divine autant que de miséricorde.

Jésus venait d’avoir une longue discussion avec les Pharisiens dans une maison de Capharnaüm.  Fatigué il se dirigea vers le lac pour avoir un peu de calme au grand air.  C’était vers la fin du jour, mais la foule toujours avide de l’entendre, le suivit au bord de la mer, et en si grand nombre que pour éviter leur bousculade Jésus fit signe au maître d’une barque d’approcher et il y monta.  L’éloignant un peu, il s’assit et commença à leur parler en paraboles.

Capharnaüm est situé dans une belle vallée à pente douce jusqu’au lac de sorte que c’était l’endroit favori pour les pêcheurs qui venaient y atterrir, décharger leurs poissons et étendre leurs filets pour les faire sécher et les réparer.  Jésus s’éloigna du rivage pour être mieux vu de la foule et ensuite pour signifier que le royaume dont il allait parler n’est pas de ce monde.

De la barque Jésus voyait devant lui la foule des Juifs groupés sur le rivage et en arrière d’eux, s’échelonnant en pente douce, des champs cultivés, sillonnés par des sentiers, tachetés d’arbustes, de touffes d’aubépine, de chemins battus et de tas de pierres.  Le soleil baissait derrière les collines des environs.

Les auditeurs avaient devant eux un des plus beaux spectacles et panoramas qu’on puisse voir au monde.  Ce lac en forme d’harpe comme son nom l’indique a une vingtaine de milles de long et une dizaine de large.  Entouré de véritables montagnes d’un côté, de hautes collines de l’autre, couvertes de verdure.  De Capharnaüm on le voit dans toute sa longueur; il est d’une beauté extraordinaire.  Que de fois en faisant ma retraite sur la montagne avoisinante, qu’on appelle la montagne des Béatitudes, je suis descendu là pour goûter ce spectacle unique au monde, surtout à cause des souvenirs bibliques.  Mon âme en était ravie jusqu’au plus profond de mon être.  Quelle sublime vision!  surtout quand il semble qu’on voit Jésus autour de soi, c’était le coin qu’il aimait.  Capharnaüm était sa ville!  Il m’a fallu partir un jour, mais j’y ai laissé mon coeur!  Quelle incomparable faveur du ciel que de m’avoir donné la grâce de faire ma retraite annuelle dans ces parages en 1938!  Il me faudra l’éternité pour remercier Dieu comme je le veux!  le semeur de bon grain.

«Celui qui sème est sorti pour semer, et pendant qu’il semait, quelques grains tombèrent le long du chemin et les oiseaux du ciel vinrent et les mangèrent…» Jésus lui-même l’explique: «Ecoutez donc vous autres la parabole de celui qui sème.  Quiconque écoute la parabole du royaume et ne la comprend pas, l’esprit malin vient et enlève ce qui a été semé le long du chemin…» Pourquoi comparer la parole de Dieu à la semence jetée en terre?  C’est pour faire comprendre que la parole de Dieu nourrit l’âme comme le blé nourrit le corps.  Dieu a donné ces qualités au blé en le créant précisément pour faire connaître ces qualités de la parole de Dieu ou ses effets dans l’âme, selon cette parole de St-Paul que ce monde a été créé pour faire connaître l’autre, celui de la grâce.  Comme la terre doit être préparée pour recevoir le blé et qu’elle doit le garder un certain temps pour qu’il soit réchauffé par le soleil et arrosé par la pluie, ainsi, la parole de Dieu doit être semée dans des âmes préparées pour la recevoir et là on doit la garder dans son coeur et la réchauffer par son amour et prier pour que Dieu l’arrose de sa grâce; ce n’est qu’ainsi qu’elle nourrira l’âme divinement.  Dans cette parabole il s’agit des dispositions subjectives de l’âme pour que la parole de Dieu fructifie dans l’âme.  On appelle ce travail: l’ascèse, qui consiste à purifier l’âme de ses attaches et de ses mauvaises habitudes exactement comme un cultivateur laboure la terre, la herse et la tourne dans tous les sens précisément pour arracher les mauvaises herbes, pour assouplir le terrain afin que le soleil et la pluie puissent arriver jusqu’au grain semé et le faire croître.  Eh bien!  ce travail préliminaire est à peu près inconnu aux prêtres, même aux religieux.  Quand est-ce qu’ils ont jamais donné le véritable ascétisme au peuple?  Quand est-ce qu’ils ont étudié cette question sérieusement?  La preuve est dans ce fait que la très grande majorité des prêtres séculiers sont incapables de donner une retraite à des religieuses ou même quelques instructions spirituelles.  Et sont-ils nombreux les prêtres religieux qui font un réel bien aux religieuses par leurs retraites?  C’est un tout petit nombre; elles sont obligées de subir les autres incapables de les faire avancer dans le chemin de la vertu.  Et quand est-ce qu’on voit des prêtres étudier l’ascétisme?  ou en parler entre eux?  ou lire des livres sur cette question?  Informez-vous s’ils ont lu St-Jean de la C., docteur de la vie spirituelle par excellence?  il ne les intéresse pas… C’est la volonté de Dieu que nous fassions pour la parole de Dieu ce que les cultivateurs font pour récolter le blé.  Jésus lui-même dit à Satan qui le tentait au désert: l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.  Toute la science pour récolter le blé doit donc être appliquée à cultiver la parole de Dieu.  Eh bien, tout cultivateur intelligent commence par préparer le sol; donc les prêtres aussi devraient commencer par préparer la mentalité de leurs auditeurs; ce sont eux qui sont le terrain qui doit recevoir la parole divine.  Or les prêtres n’ont pas l’esprit orienté de ce côté là; c’est aussi insensé que si les cultivateurs semaient sans préparer le sol.

Dans cette parabole Jésus dit clairement que l’effet de la parole dépend surtout de la préparation du terrain.  Il est temps que les prêtres prennent cette idée.  Combien pensent que dès qu’ils ont prêché, la parole de Dieu va faire son chemin toute seule et que si elle ne produit rien ou peu, la faute est aux auditeurs.  Jésus dit ici tout le contraire: la parole de Dieu produit en proportion qu’on prépare le terrain avant de prêcher.  Ils laissent dans la mentalité du peuple toutes sortes d’attaches, de soucis, de distractions, et dans le coeur toutes sortes d’affections pour les jeux et les plaisirs de toutes sortes, permis sans doute, mais plaisirs quand même qui accaparent l’amour des hommes.  Puis ensuite on vient prêcher à ce monde tout aux choses de la terre!  C’est aussi fou que si des cultivateurs semaient dans un terrain couvert de ronces, de chardons, de mauvaises herbes ou non labouré; la parole est étouffée par ces mauvaises herbes.  Tous les prêtres devraient donc connaître parfaitement comment disposer subjectivement la mentalité des fidèles pour que la parole divine produise des fruits dans leur coeur et dans leur vie.  Eh bien!  suivons Jésus lui-même dans l’explication de sa parabole.  1er cas: Le grain semé sur les chemins battus.  Quels sont ces chemins battus?  Comme il s’agit de la parole de Dieu, ces chemins sont évidemment l’esprit des auditeurs, leur coeur, leur mentalité.  Comme les chemins battus sont ceux où beaucoup de monde passent, ainsi, pour la parole c’est un esprit où toutes sortes d’idées passent constamment, où une foule de pensées frivoles viennent et reviennent et qui occupent l’esprit à toutes sortes de vanités.  Ces gens ordinairement ne fréquentent pas les sermons, étant tout à leur vie païenne.  Mais même quand ils y viennent leur esprit est tellement pris par les échantillons que les vérités éternelles ne les intéressent pas ou peu.  Les démons ont vite fait de leur enlever la parole de Dieu qu’ils entendent; c’est un démon de dissipation qui les distrait; c’est un démon de curiosité qui attire leur attention seulement sur du nouveau ou sur des idées originales simplement pour en parler par snobisme; c’est un démon de critique qui écoute pour juger, pour comparer avec d’autres prédicateurs, pour signaler les défauts, etc.  Ces sortes d’auditeurs ne retireront jamais du profit spirituel de la parole de Dieu qu’ils entendent.

Les «cultivateurs spirituels» ou les prêtres et surtout les prédicateurs ont le devoir de «casser» ces chemins battus, de les labourer, de les herser, afin d’arracher toutes les mauvaises herbes qui y poussent.  Ils doivent enseigner aux fidèles comment empêcher les idées frivoles de circuler dans les esprits; donc comment se mortifier, se détacher de toutes les habitudes païennes et de toutes les attaches, même à des choses permises.  Ils doivent prêcher le mépris des créatures, des plaisirs de toutes sortes pour ne prendre que ce qui est utile ou nécessaire.  Qu’ils donnent la doctrine de St-Paul sur les créatures-fumier et qu’ils prêchent contre les créatures-dessert!  Les bons auteurs spirituels affirment que les affections pour les créatures même permises empêchent le divin de fructifier dans les âmes.  St Jean de la C.  dit qu’ils n’auront pas l’intelligence des choses de Dieu.  Les prêtres devraient donc tous lutter pour empêcher ces affections chez les fidèles.  Plusieurs font tout le contraire: ils les encouragent par leurs paroles et par leurs exemples, sous prétexte de préserver les fidèles du péché.  Que penser de cet argument?  Il est digne des «païens» qui le donnent!  Quand est-ce que Jésus a dit que les affections aux plaisirs empêcheraient les affections aux péchés?  Où a-t-on jamais vu que le naturel pouvait vaincre le péché?  Jésus, lui, dit que notre victoire sur le monde ne peut venir que de la foi! 

S’est-il préparé à vaincre le démon dans ses tentations au désert en allant aux cirques, aux danses et aux amusements de son temps?  Il s’éloigna du monde, pria et jeûna.  Les prêtres qui poussent les fidèles aux plaisirs même permis font donc tout le contraire de Jésus.  Evidemment, pendant que les gens jouent sur le champ, ils ne pèchent pas, mais après?  Est-ce que les sports américains sont plus purs que les autres?  Il faut être ignorant pour le dire.  Je n’attaque pas ces jeux utiles et nécessaires à la santé que l’on prend pour se délasser.  Mais j’attaque cette passion folle pour le jeu que tant de prêtres et de fidèles ont pour les joutes annoncées à grandes manchettes dans les journaux et à la radio.

Tous ces prêtres pris par le sport ou par quelqu’attache comme fumer, boire souvent son petit coup, avoir des amitiés particulières pour quelque personne, fréquenter les vues et les soirées, sont absolument incapables de préparer la mentalité des fidèles à recevoir avec fruit la parole de Dieu.  Eux-mêmes sont des chemins battus; ils n’iront jamais parler contre ce qu’ils font eux-mêmes.  2e cas: Sur un terrain pierreux.  La semence n’a pas même germé dans le premier cas; ici, elle germe, mais elle ne lève pas.  «Le grain qui a été semé au milieu des pierres est celui qui écoute la parole de Dieu et qui la reçoit aussitôt avec joie; mais il n’a point en soi de racines et il n’est que pour un temps; lorsqu’il survient des traverses et des persécutions à cause de la parole, il est aussitôt scandalisé.» Le peu de terre sur les pierres signifie le peu de surnaturel dans le fidèle.  Car la parole de Dieu ne se développe que dans un terrain de même nature qu’elle, dans le surnaturel.  Dans le premier cas, c’était le démon qui enlevait la semence, ici, c’est le fidèle lui-même, qui n’a pas ce qu’il faut en lui pour un développement surnaturel de la parole divine.  Or, comme c’est dans le plan de Dieu d’éprouver ses amis, il leur envoie des contrariétés et des persécutions.  Ces gens païens dans le coeur avec une mince couche de surnaturel ne sont pas capables de subir ces traverses et ils abandonnent le divin pour sauver leur jugement païen et leur volonté païenne.  Ces contrariétés, quand on se donne à Dieu, sont très nombreuses, par exemple, les moqueries des autres, les reproches même des meilleurs amis, la soustraction des consolations spirituelles dans le bien, l’ennui quand on quitte les plaisirs et la perte des amis, etc.  Ils deviennent nos pires ennemis, nous accusent d’excentricités, de vouloir se singulariser, de passer pour fous, enfin c’est l’épreuve de l’amour-propre et le renoncement à soi-même qu’il faudrait pratiquer… et comme c’est difficile dans les débuts surtout.  C’est donc notre propre faiblesse surnaturelle qui en est responsable.  3e cas: Parmi les épines.  La parole de Dieu germe, lève, mais n’arrive pas à maturité.  Jésus l’explique ainsi: «La semence qui est tombée parmi les épines est celui qui entend la parole, mais les sollicitudes de ce siècle et l’illusion des richesses étouffent la parole et la rendent infructueuse.» Dans le premier cas la perte de la semence est due aux démons, dans le deuxième, à l’homme lui-même, dans ce troisième cas, c’est le monde.  Les démons, les hommes eux-mêmes ou leur amour-propre et enfin le monde, voilà les trois ennemis du divin en nous.  Voilà les trois ennemis que les prêtres devraient combattre systématiquement pour que la doctrine de Jésus puisse entrer jusqu’au coeur des fidèles et de là passer dans leur vie.  Ils devraient pour cela connaître les ruses de chacun, leurs trucs pour perdre les âmes et connaître les remèdes pour les éviter.  C’est donc toute l’étendue de l’ascétisme et de la mystique qu’ils devraient cultiver à fond afin d’être capables de préparer la mentalité de leurs auditeurs pour recevoir la parole de Dieu avec fruit.  C’est un devoir pour eux de prêcher contre les affections aux créatures, contre les attaches pour les choses permises comme pour les défendues; les deux accaparent le coeur pour l’empêcher d’être tout à Dieu comme l’exige le premier commandement.  Les sollicitudes de ce siècle et l’illusion des richesses ne sont pas nécessairement des péchés dans les actes isolés, mais quand même ils finissent par étouffer la foi et l’amour de Dieu dans les coeurs et le divin étouffé on perd l’âme.  Le mortel peut donc s’étendre sur toute la vie sans apparaître dans un acte individuel.  Y a-t-il un prêtre sur vingtcinq qui comprend cela?  Tous pensent qu’il faut un acte mortel «en soi» comme de tuer ou de commettre un adultère.  Il y a du mortel dans ce genre, mais il y a aussi du mortel dans l’ensemble de la vie qui ne paraît pas dans aucun acte ni extérieur ni intérieur dans la volonté.  Protestez tant que vous voudrez, c’est un fait et c’est la vérité: C’est exactement ce que Jésus veut dire par cette parabole.  Prenons une épine toute seule, est-ce qu’elle étouffe la semence?  Pas du tout.  Est-ce que c’est la deuxième épine?  la troisième?  Personne ne peut mettre le doigt sur une seule qui fait ce mal.  Cependant Jésus dit que les épines tuent le divin.  Messieurs les moralistes, comment allez-vous expliquer ce fait donné par Jésus avec vos principes «in se»?  Vous dites que les imperfections ne se collectionnent pas pour faire un péché véniel, ni que les péchés véniels ne s’ajoutent pour faire un péché mortel.  Pourtant vous avez Jésus contre vous dans le concret et dans la pratique de la vie.  «Les sollicitudes» ne se présentent pas toutes à la fois.  Eh bien, prenons-les dans le concret l’une après l’autre et où se trouve le péché mortel?  Je vais à une joute quelconque, puis j’en parle souvent avec des amis, je vais aux vues, je vais faire un tour d’auto, je vais en pique-nique, je vais à une danse, je vais à une soirée, je passe des heures à écouter mon radio, je lis un magazine, puis un autre, je suis la courbe de la bourse, je vais à un banquet, etc… Où est le péché mortel dans ces choses?  D’après Jésus, c’est quand mon esprit est tellement absorbé par ces vanités, que le coeur est épris pour elles et cesse d’être à Dieu.  A quel moment exactement.  Personne ne le sait.  Ce n’est pas nécessaire que je dise un jour à Dieu: Je ne veux plus de vous: Il suffit que je sois tout au monde par mon amour pour que ce soit mortel et que je me damne!

Quelle ignorance dans le clergé sur cet amour des créatures qui constitue un péché mortel… dans l’ensemble de la vie… et qui damne aussi sûrement que l’adultère ou le meurtre.  C’est cela que Jésus enseigne ici!  Des chrétiens peuvent, et beaucoup le font, se damner en ne faisant que des actions individuelles permises!  Qui peut mettre le doigt sur une seule action du mauvais riche qui fut mortelle?  Personne ne le peut.  Jésus dit qu’il festoyait tous les jours… à quel festin serait le péché mortel?  Il s’habillait de fin lin… à quel habit neuf était attaché son péché mortel?  Personne ne peut le dire… et c’est dans ces choses qu’il s’est damné!  Et quand Jésus le fait parler après sa mort, Abraham ne lui reproche pas d’adultère ou de meurtre, mais simplement: «Tu avais tout ce que tu voulais sur terre… et maintenant tu n’as plus rien:» Abraham dit qu’il s’est damné parce qu’il avait tout ce qu’il voulait sur terre!  Or combien de chrétiens ont aussi tout ce qu’ils veulent sur terre et donc qui seront damnés pour avoir mis leur coeur dans les biens de ce monde et de ne pas avoir gardé leur coeur pour Dieu.  C’est un péché mortel que de donner son amour aux choses de ce monde, il n’est jamais dit à une chose de ce monde.  Rien de ce que le riche faisait n’était défendu dans un cas individuel, donc le péché était dans l’ensemble de la vie.  «N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde, si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est Pas en lui.» Or tout ce qui est dans le monde est concupiscence de la chair, des yeux et orgueil de la vie, ce qui ne vient point du Père, mais du monde!  Donc il n’y a pas que les choses défendues qui accaparent le coeur et qui damnent, mais tout ce qui est dans le monde peut captiver tellement le coeur qu’il n’en reste pas assez pour Dieu.

Est-ce qu’un mari cesse d’aimer sa femme seulement par un adultère?  Il peut arriver à développer un amour pour une femme dans cinquante petits riens tous parfaitement permis isolément, mais enfin qui finissent par captiver le coeur et un beau jour il s’aperçoit qu’il est amouraché de cette dernière et qu’il n’a plus d’amour pour sa femme.  Pourrait-il dire luimême à quel acte, il s’est détourné de sa femme?  très souvent, pas du tout.  Pourquoi n’en serait-il pas de même pour notre coeur qui finit par se laisser captiver par cinquante actions indifférentes et permises et qui ne laissent plus de place pour les choses de Dieu.  C’est la façon ordinaire de tous ceux qui se perdent.  C’est selon la doctrine des deux Etendards de Saint Ignace et de tous les Saints qui ont écrit sur ce sujet.  C’est incompréhensible que les prêtres soient si aveugles sur cette question!  Ils sont pris par leur diabolique philosophie de la théologie qui ne voit que le péché en acte à détruire.  Toute la science de l’amour de Dieu leur semble inconnue.  La preuve est dans ce fait qu’ils laissent bêtement les fidèles se lancer dans tous les sports, dans toutes les attaches, dans la vie du riche de l’Evangile, non seulement sans scrupule, mais même en les encourageant!  Quand les prêtres entendent les fidèles parler toujours des choses du monde, qu’ils ne font rien pour s’instruire de celles de Dieu, qu’ils ne trouvent plus le temps de lire la Bible, la vie des Saints, de faire des visites à l’église, de faire des retraites, de visiter les malades, de secourir les pauvres, enfin de s’occuper des choses de leur âme, ils devraient savoir que leur coeur est dans les échantillons et pas en Dieu.  Tant qu’ils les laisseront avec ces «chemins battus, ce terrain pierreux, ces épines» ils ne les feront pas avancer vers Dieu.  Voici une demi vérité qui fait un tort immense dans le monde: les prêtres disent au peuple qu’il faut savoir qu’un acte est mortel pour qu’il le soit.  Il y a autant de faux là que de vrai!  Ils nous parlent toujours de la connaissance qu’il faut pour qu’un acte soit mortel; il n’y a pas qu’une connaissance, il y en a deux qu’il faut.  D’abord il faut que je sache au moins d’une façon confuse que je fais mal; celle-là est absolument nécessaire pour qu’il y ait péché.  L’autre connaissance est de savoir quand commence exactement le péché mortel dans le concret, quand on passe la limite entre le péché véniel et le péché mortel.  Or dans le concret et pour la matière du péché, personne ne connaît cette limite, comme on l’a déjà montré dans la première série.  Quand on vole des sous, à quel sou commence la matière grave, quand on fait des familiarités, à laquelle commence la matière grave?  Quand on retarde de payer une dette, à quel jour fait-on un tort grave?  etc.  Tout de même il est certain qu’on peut pécher mortellement en faisant ces choses sans savoir à quelle limite il a commencé.  La preuve, quel chrétien sait exactement s’il est en état de grâce ou en péché mortel?  Qui peut en être sûr?  Donc dans le concret la genèse du péché mortel n’est pas facile à connaître.  C’est ainsi que des chrétiens peuvent bien ne commettre aucun péché mortel dans un acte isolé et cependant tomber dans le péché mortel dans une série d’actions permises individuellement comme pour l’amour du monde.  Qui peut mesurer les «chemins battus, le terrain pierreux et les épines» dans la mentalité d’un chrétien?  Pourtant d’après Jésus ce sont des causes de damnation!  Quand les prêtres vont-ils ouvrir les yeux à ces causes subjectives de damnation et de péché sans nombre chez beaucoup d’autres même s’ils ne sont pas perdus?  Il faut donc attaquer l’ensemble des actes même permis individuellement, mais qui conduisent sûrement au péché et à la damnation sans que les gens sachent exactement quand ils entrent dans le péché mortel!  Les distinctions entre péché mortel et péché véniel sont claires en théologie mais ce n’est pas vrai qu’elles le sont dans le concret!  On peut passer la limite de la matière grave sans le savoir et donc être en état de péché mortel sans le savoir, mais pas sans savoir qu’on a fait mal.  Que de laïques instruits et même de prêtres se confessent très souvent en disant: en autant que j’en suis coupable.  Ils ne savent pas s’ils ont dépassé la limite du péché mortel.

Quand les prêtres vont-ils commencer à prêcher contre ces causes permises de péché?  Jésus les énonce bien clairement sous les figures de cette parabole; comment se fait-il que les prêtres n’aiment pas mieux exploiter cette doctrine si efficace pour faire éviter le péché et donc pour sauver les âmes?  Que le St-Esprit nous éclaire!  4e cas: dans la bonne terre le grain germe, lève et mûrit.  «Le grain semé dans la bonne terre est celui qui écoute la parole, la comprend et qui porte du fruit et rend cent, soixante ou trente pour un.» Cette bonne terre est celle qui est débarrassée des mauvaises herbes, mauvaises causes des trois premiers cas ou terrains: l’esprit de dissipation, l’amour propre et le monde; en d’autres termes, ce sont ces chrétiens formés à un ascétisme intelligent et fort qui enlèvent les obstacles à l’action divine de la grâce.  Comme ils sont rares de nos jours avec un clergé surtout philosophe plutôt que théologien!  Un jour après un sermon sur la mode, sur le mépris du monde, une vieille dame vient me trouver pour me remercier de cette doctrine «qu’on n’entend pas souvent de nos jours,» dit-elle.  Elle me raconta un fait de sa vie qui montre quelle sorte de curé elle avait eu.  J’avais autour de dix-huit ans quand je commençai à vouloir bien paraître.  Un dimanche j’étais assise dans un banc en face de la chaire et j’avais une belle petite aigrette sur mon chapeau.  En faisant ses annonces, le curé aperçoit bien mon aigrette.  Il s’arrête, fixe mon chapeau et commence une attaque en règle contre l’esprit du monde qui envahissait l’église… des jeunes filles qui avaient l’audace de mettre des aigrettes sur leur chapeau!  Quelle vanité!  Une aigrette!  Une aigrette!  criait-il.  Où allons-nous, mes frères?  J’étais tellement renversée que j’enlève mon chapeau sous ses yeux et je déchire mon aigrette et je vous assure que je n’ai pas recommencé ma vanité!  Voilà un curé catholique: Un curé qui avait bien l’esprit de Jésus et qui avait absorbé la doctrine des trois mauvais terrains de cette parabole…

Le naturalisme ou l’esprit païen qui cherche son bonheur dans les échantillons doit être «cassé», comme la croûte d’une terre inculte.  C’est le sable créé par Dieu mais bon à rien pour tenir notre maison debout contre les tentations.  C’est toute la doctrine du sermon sur la montagne.  Enfin, pour l’amour du bon Dieu, que les prêtres travaillent donc sur la mentalité des gens: là est le champ qu’ils ont à cultiver.  C’est là que se cachent tous les ennemis du divin dans l’âme.  Dans les quatre cas donnés par Jésus dans cette parabole, la récolte dépend uniquement des dispositions subjectives des auditeurs.  C’est donc là que les prêtres doivent travailler.  Qu’ils nous laissent donc la paix avec leurs «in se» stériles, païens et insipides!  Ils dégoûtent tout le monde avec leurs exposés philosophiques de la religion seulement au point de vue spéculatif et abstrait.  Tous les démons les poussent à prêcher leurs «in se» parce qu’ils peuvent le faire sans entrer du tout dans la mentalité des gens, sans rien changer là.  C’est comme on peut faire le tour d’une exposition simplement pour voir et sortir de là avec absolument la même mentalité.  C’est ce qui est arrivé dans le clergé; ils ont fait un étalage de vérités simplement pour en parler, pour montrer leur science, mais pas du tout dans l’intention d’en faire vivre le peuple.  Aussi cela ne «mord» pas, comme on dit.  Et dire que ce sont des philosophes aveugles en religion qui sont les pires ennemis des prédicateurs selon la méthode de Jésus, qui travaillent sur la mentalité pour la faire passer du monde païen ou naturel au monde surnaturel afin de donner la vie de Jésus dans le concret et la faire pratiquer par les fidèles.  Tous les démons de l’enfer excitent le clergé contre ces prédicateurs qui mettent tour à tour leur truc pour simplement amuser les fidèles sans les nourrir de divin.  Les prêtres qui blâment le peuple de sa légèreté d’esprit et de son insouciance pour la parole de Dieu sont injustes, ignorants et aveuglés.  Jésus a généralement blâmé les prêtres quand le peuple est païen.  «Vous êtes le sel de la terre!  «Vous êtes la lumière du monde!» Alors si le peuple est pourri c’est que le sel n’est bon à rien!  Si le peuple est dans les ténèbres c’est que la lumière est éteinte!  Comme ici, si la parole ne croît pas, c’est à cause des mauvaises dispositions des fidèles, mais la vraie cause est dans les prêtres qui n’ont pas cultivé la mentalité de ces gens, qui n’ont pas connu la science de l’agriculture.  Si ces prêtres avaient étudié l’ascétisme et la mystique comme ils le devaient, ils sauraient comment préparer les esprits à recevoir avec fruit la parole de Dieu.  Que les prêtres donc prennent du temps sur les frivolités qui ont rempli leur vie, comme de fuser des heures de temps avec des amis, ou de jouer aux cartes des veillées entières et des nuits entières!  ou à suivre les sports, à lire des magazines et des revues pour «tuer» le temps, etc.  etc.  Qu’ils rognent dans toutes ces vanités pour se réserver du temps pour l’étude de leurs devoirs de prêtres.  Quand allons-nous voir des prêtres tout aux choses de Dieu?  tout occupés à améliorer le peuple de toutes les façons possibles?  à chercher dans l’Ecriture sainte l’esprit de Jésus pour le donner au peuple?  Quelle magnifique science pour la conduite des âmes on découvre par exemple, dans les paraboles.  Dans une seule nous avons tout un programme de tracé pour faire un bien immense dans les âmes, et qui est à peu près complètement ignoré par les prêtres en général.  Que de trésors de science pour corriger leurs défauts, leurs idées fausses, inexactes et inefficaces, dans l’étude de la doctrine et de la vie de Jésus!  Mais il faut commencer par se détacher soimême des échantillons.  Tant qu’on a des attaches on ne comprend rien à cette science cachée dans l’Ecriture.  Voilà l’obstacle: commencer par soi-même…!

Dès qu’on garde une attache on n’aura pas l’intelligence des choses de Dieu, dit St-Jean de la Cr.  Les dons du St-Esprit nécessaires pour pénétrer dans les voies de Dieu n’agissent pas ou trop peu dans ceux qui cultivent des attaches, comme les fumeurs, qui se choquent si on les attaque, mais cela ne m’empêchera pas de le signaler.  Jamais on verra un fumeur ou un priseur prêcher la transformation de la mentalité païenne en mentalité chrétienne!  Jamais on verra un «sport› faire de même, ni un coureur d’automobile, ni un joueur de cartes, ni un amateur de golf, ni un «amant› de chiens… Qu’une femme découvre que son mari a une amie particulière, quand bien même elle serait sûre qu’il ne pêche pas, elle est furieuse, elle le boude et le dispute.  Elle va lui faire sentir de cinquante manières par la soustraction de son amour qu’elle est blessée par cet amour rival du sien.  Le St-Esprit agit de même pour tout chrétien qui entretient une amitié particulière pour n’importe quelle créature même quand il n’y a aucun péché.  L’amour est offensé par un amour contraire.  Et pour Dieu celui qui n’est avec lui est contre lui!  C’est rien que cette philosophie maudite de la religion qui permet ces attaches aux créatures, qui permet de s’en remplir le coeur du moment qu’elles ne sont pas défendues.  Le paganisme des prêtres philosophes permet tout cela.  Mais jamais le vrai amour de Dieu ou la vraie théologie.  Elle enseigne avec St-Paul que toutes les créatures sont du fumier comparées à l’amour de Jésus.  Pour les prêtres philosophes et donc païens, qui se donnent comme théologiens mais qui ne le sont pas du tout, toutes les créatures permises sont des desserts dont on peut prendre le plus possible du moment qu’on ne pêche pas.  Tous ces prêtres, religieux comme les autres, qui ont ces dispositions, sont donc condamnés par Jésus dans cette parabole.  Ce sont des cultivateurs paresseux qui ne cultivent pas leurs champs, comme ils devraient le faire pour que le divin fructifie abondamment.  Il n’y a pas un fou au monde qui blâmerait la terre de ne rien produire si son maître ne l’avait pas cultivée du tout.  Tous diraient qu’il est seul responsable.  Eh bien, que de fous dans le clergé qui blâment les fidèles du peu de fruit qu’ils font en religion!  La faute est aux prêtres! 

La très grande faute est aux prêtres!  Ils sont de mauvais cultivateurs trop ignorants pour savoir où faire porter leur travail, trop insouciants pour chercher la cause de leur insuccès, et surtout trop orgueilleux pour prendre une bonne leçon quand on la leur donne pour l’amour de Jésus-Christ et le bien des âmes.  Au diable leur petite réputation de savants d’une science vide et insipide!  Allons-nous sacrifier encore des milliers d’âmes rachetées par le sang de Jésus pour ne pas blesser ces Messieurs que rien au monde ne peut remuer de leur apathie pour les choses de Dieu?…


Au lieu de se froisser comme des milliers d’orgueilleux païens vont faire, qu’ils se réveillent donc de leur torpeur avec laquelle ils endorment le monde, de leur camouflage de religion qui ne sert de rien et qui trompe les fidèles.  Celui qui a une once de foi et d’amour de Dieu applaudira des deux mains à ce que je dis ici au nom de Dieu.  Ce m’est parfaitement égal ce qu’on pensera de mon audace; je n’ai rien à perdre en ce monde et je n’ai peur de rien que de Dieu.  La colère et les persécutions des philosophes, bras droits des démons, me laissent absolument calme.  Il est temps de dire ces choses et je les dis à tout l’univers.  Que ceux à qui le chapeau fait le prennent et qu’ils s’amendent au plus vite, car ils auront un compte terrible à rendre à Dieu, s’ils ne sortent pas de leur stratosphère où ils vivent dans les abstractions loin du pauvre peuple qui se meurt de faim des choses de Dieu.  Que chacun dise une prière pour moi qui ose vous réveiller à vos devoirs essentiels que vous êtes en train d’oublier…!